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Associations Pastorale C.D.I.  Cellule d'écoute

Le jumelage, c’est une voie de solidarité et de fraternité


La première visite de Mgr Felemou dans notre diocèse a commencé par deux établissements de l'Enseignement Catholique, le Lycée Sainte Louise de Marillac et le collège Maintenon. Interview.

Quelles sont vos premières impressions ?
Je suis très heureux de l’accueil qui m'a été fait, autant le soir de mon arrivée, par Sœur Rose Dalva et le vicaire général, que par l'Enseignement Catholique. En Afrique, l'accueil est un élément de la tradition et quand on le retrouve ailleurs, on est très heureux.

Dans les établissements que vous avez visités, qu’avez-vous pu observer ?
L’avenir d’un pays se prépare dans une structure scolaire dont on prend soin . L’enseignement, ici, traduit l’intérêt que l’on a pour la jeunesse, à travers l’aide qu’on leur apporte, du soin que l’on met à faire naître chez eux des compétences. On est dans un climat qui favorise l’éclosion de l' intelligence .
On y tient compte, aussi, de l’évolution d’aujourd’hui, pour que les jeunes ne soient pas dépassés demain par le monde dans lequel ils vivent. Les installations que j’ai visitées répondent aux critères d’aujourd’hui.
J’ai aussi noté la propreté des classes et des jeunes !

Quelles impressions avez-vous ressenti ?
Les professeurs aiment vraiment leurs élèves. On veut porter l’enfant vers la connaissance, on est prêt à répondre à toutes les questions. On crée un climat favorable pour que les jeunes puissent s’équilibrer moralement et intellectuellement.

Et dans votre pays ?
Chez nous, c’est tout le contraire. Trop de professeurs enseignent encore ce qu’ils ont appris en 1960 !
Chez nous, pendant vingt-quatre ans, les étudiants ont été envoyés dans les pays de l’Est. D’où un retard de compétences. C’était dû à la fermeture organisée par le chef d’état de l’époque. Il y a eu une persécution cachée de l’Eglise. Toutes les écoles ont été nationalisée en 1960, tous les missionnaires expulsés en 1967, tous les mouvements de jeunesse supprimés en 1970, en particulier les mouvements catholiques. En 1970, l’archevêque de Conakry a même été mis en prison, un 24 décembre. Il y resté neuf ans.
Pendant ces années, il n’y a pas eu d’évêque en Guinée.

Qu’attendez-vous du jumelage de votre diocèse avec celui de Perpignan-Elne ?
Le jumelage, c’est une voie de solidarité et de fraternité où nous nous sentons Eglise-famille de Dieu. C’est le grand espoir de toutes les Eglises d’Afrique de marcher avec des Eglises qui ont plus de mille ans d’histoire.
Cette solidarité renforce la communion et l’homme est fait pour la communion. J’attends que l’on établisse la solidarité entre nos diocèses. J’attends aussi que nous échangions sur les dossiers qui entrent dans les critères du jumelage. Mes passions sont l’école, l’Eglise et la famille. Et l’école, chez nous, est blessée dans sa structure, dans sa forme. L’échange constitue un élément important pour corriger les tares de notre système d’éducation. Il nous faut découvrir les modèles d’éducation scientifique et professionnelle. Après ce que je viens de voir ici, j’en tire la conclusion que, chez nous, chacun devra sacrifier de son temps et de ses efforts pour être capable d’aider des élèves, pour que les jeunes ne soient pas des jeunes de seconde zone. Actuellement, un élève de Guinée ne peut pas continuer ses études en France.

Quels peuvent être les autres domaines du jumelage ?
Le jumelage va aussi concerner le niveau éducatif, ecclésial, celui des structures paroissiales. Il pourra nous faire voir par exemple la communion entre les prêtres. J’ai été interpellé par une expérience italienne où, dans la même communauté de paroisse, six ou sept prêtres vivent ensemble, mangent ensemble, prient ensemble. Ce sont des nouvelles manières de communion pour nos agents pastoraux.
Au niveau ecclésial, il y a la prédication, l’ecclésiologie, les visites entre les diocèses. Que des laïcs viennent en Guinée, en Eglise et, à partir de là, on pourra voir ce qu’on pourra faire ensemble.


Et au niveau culturel ?
Le jumelage va aussi nous permettre de découvrir quels sont les éléments saillants de nos cultures. En Guinée, nous avons des cultures statiques qui ont du mal à accepter les changements. Un bon exemple en est la persistance de la pratique de l’excision. C’est à cause du retard de notre culture…
Le jumelage permettra aussi d'avancer sur la voie du développement humain. Est-ce qu’on peut assister au développement social de la personne ? Développement qui est une manière d’évoluer dans un domaine. Les guinéens apprendront à découvrir votre culture du « tout de suite ». De votre côté, vous découvrirez des guinéens qui vivent à cinq dans une pièce, n’ont pas de courant électrique et sont heureux. Je n’ai jamais vu un africain qui pleure à cause de sa pauvreté !

 

 

De gauche à droite :
M. Gainche, directeur de l'Enseignement Catholique,
Mgr Félémou
et M. J.P Mazeau,

 
Lycée technique privé catholique
Sainte-Louise de Marillac

68, avenue Victor Dalbiez - 66000 Perpignan
tél. 04 68 55 50 05 - fax 04 68 55 46 50 - E-mail : louise.de.marillac@wanadoo.fr